Impressions du fond des bois

08 avril 2020

Pleine lune sur le col de la petite Vaudaine

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Hier soir, la pleine lune avait le ciel pour elle toute seule. Pas le moindre nuage à l'horizon. 

Cadeau du hasard ce jour-là, vue depuis notre repère de confinement, la trajectoire de notre satellite coïncidait avec le col de la Petite Vaudaine, dont le vallon Ouest se trouve juste dans l'axe de la maison.

La Petite Vaudaine, côté Grésivaudan, c'est un beau vallon peu fréquenté car éloigné des points d'entrée dans le massif de Belledonne. Mais le col doit son nom au grand vallon sauvage qui s'ouvre de l'autre côté, sur le raide versant de la vallée de la Romanche, bien plus difficile d'accès encore.

Il fallait bien les feux de la pleine lune pour souligner ce beau col méconnu des Grenoblois.

 

Mardi 7 avril 2020, 20h11, Seyssinet-Pariset,  Confinement J22. Vue sur le massif de Belledonne

Col de la Petite Vaudaine, 2370m. A gauche, les Pointes de Jasse Bralard, 2525m, à droite, la Pointe de Vaudaine, 2482m, puis le Grand Sorbier 2526m, en limite de l'image.

 

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05 avril 2020

La fougueuse naissance d’une pivoine

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Confinés sous terre durant tout l’hiver, les rhizomes de pivoines du jardin se réveillent et les jeunes pousses sanguines sortent de terre. Comme nombre d’autre plantes, des plus modestes aux plus originales, la nature nous offre au printemps un festival de formes et de lumières. Notre actuel confinement à nous, nous donne un peu plus le temps de les observer, à plat ventre dans l’herbe...

A la manière d’un Karl Blossfeldt admiré, c’est en plaçant un masque blanc en arrière de la plante que l’on peut isoler la belle et fougueuse conquérante.

Karl Blossfeldt (1865-1932) a passé 30 années de sa vie à photographier ces formes végétales en les isolants sur un fond neutre dans un but pédagogique, d'abord pour son professeur, Moritz Meurer, puis comme support à son propre enseignement de "modélisme d’après des modèles végétaux", à l’université de Charlottenbourg puis à celle de Berlin. Ces cours étaient destinés aux artisans et concepteurs industriels, on était alors en Europe, fin XIXeme, début du XXeme siècle, en pleine tendance «Jugendstil », l’Art nouveau. Par ses images, il souhaitait montrer que  « la Nature a déjà trouvé les meilleurs solutions dans le domaine de la construction ». (1)

Ce n’est qu’à partir de 1925 que ses photographies au style épuré seront reconnues, exposées et publiées en tant qu’œuvre d’art.

Samedi 5 avril 2020, 3eme semaine de confinement à Seyssinet.

(1)   Karl Blossfeldt – Rolf Sachsse, ed. Tashen.

A lire ici un texte intéressant de Jean-Louis Hess : Karl Blossfeldt ou le végétal comme modèle de la photographie documentaire

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29 mars 2020

La petite araignée, sauteuse mais confinée

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C’est dans la cuisine que l’on s’est croisés.

Oh une salticide dis-je, oh un Homo sapiens, dit-elle.

Ni une ni deux, l’occasion était trop belle, je la pris sur mon doigt pour la confiner quelques instants dans un verre.

Eh mais ça va pas protesta-t-elle en sautant ici ou là. Je lui expliquais alors que moi aussi j’étais confiné, et qu’il fallait bien que je m’occupasse. Je lui proposais une petite séance photo, un quart d’heure pas plus.

Elle fit contre mauvaise fortune bon cœur et ne dit mot. Elle pensa sans doute que si je ne l’avais pas encore écrasée, comme hélas il arrive si souvent à ses congénères, c’est peut-être que certains humains ont tout de même un bon fond.

Le temps de sortir le matériel, je libérais mon invitée sur une petite pierre ramenée quelques mois auparavant de la montagne, composée de gneiss, de quartz et de traces d’épidotes.

Elle en fit bien vite le tour et se cala promptement dans une minuscule cavité du plus bel effet, aux parois ornées de microcristaux blancs et verts.

C’est là que je pu enfin la regarder dans les yeux avec mon objectif macro (la bête doit mesurer dans les 2mm à tout casser). Mais las, son regard était sombre, non pas en raison de son humeur, quoi que je n'en su rien, mais à cause de la lumière qui manquait.

Pas le temps de sortir le flash qui de toute façon aurait été trop compliqué à utiliser ici, il me fallait trouver une idée lumineuse. Je priais la belle de bien vouloir m’attendre et courrais chercher ma frontale. Après quelques tâtonnements, j’arrivais à éclairer l’intérieure de la cavité par un étroit boyau annexe qui trouait la paroi juste au bon endroit, à quelques centimètres de la grotte principale.

Tout était en place, l’araignée alors un peu cachée avança de quelques dixièmes de millimètres pour arriver dans la lumière. Quelques images plus tard, le quart d’heure passé, je la libérais en la remerciant grandement. Elle ne s’embarrassa pas de grand discours et disparu sur le champ sans même me dire au revoir…ce qui ne m’étonna point en fait !

Voilà, toute l’histoire de cette image d’un dimanche confiné. Une petite histoire pour se changer les idées.

 

Dimanche 29 mars 2020, Seyssinet-Pariset, Araignée sauteuse, de la famille des Salticidae. Heliophanus tribulosus Simon, 1868

Courage à tous, confinés, actifs et surtout soignants que l’on n’admirera jamais assez. Quant à la nature, petite ou grande, elle est toujours là pour nous aider.

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24 mars 2020

Le retour des rouge-queues

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Partis passer l'hiver au chaud sur les côtes de méditerranée, voire au-delà, les oiseaux migrateurs réapparaissent petit à petit. Cela faisait un moment que l’on n’avait pas entendu les trilles nerveux du rougequeue. Ceux-là (ils étaient deux) ont du faire une pause dans leur migration en s'arrêtant quelques temps dans le jardin. Ils sont sans doute repartis vers le nord, car ils ne sont pas reparus aujourd'hui. Mais c'est certain, d'autres suivront, chaque année un couple s'installe pas bien loin d'ici. 

En ces moments de crise et de confinement, c'est l'occasion rêvée de prendre le temps d'observer les oiseaux et d'apprendre à les reconnaitre. Activité anti-stress garantie pour petits et grands. 

Lundi 23 mars 2020, Seyssinet, 7eme jour de confinement. Rougequeue noir, mâle en plumage nuptial

Pour reconnaitre les oiseaux les plus communs, la LPO offre en téléchargement des "fiches espèces" , cliquez ici.

Voir aussi ici l’opération lancée par la LPO, Confinés mais aux aguets  qui a un succès fou !

 

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22 mars 2020

La fuite

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Les chevreuils sortis en fin d'après-midi de leur cachette n'auront pas profités longtemps de leur pré, pourtant invisible depuis la route. Des randonneurs gravissent la pente en dessous d'eux.

Placés un peu plus haut, nous dominons toute la scène. Occasion pas si fréquente d'observer l'interaction homme/faune sauvage.

Moments si souvent répétés, si souvent insoupçonné du randonneur jovial.

Dans sa fuite le chevreuil s'arrête toujours pour observer, comprendre. Ici une chevrette curieuse s'attarde une fraction de seconde alors que le groupe s’est déjà remis en quête d'un vallon abrité. L'instant d'après tout le groupe aura disparu derrière la crête, un peu à l'écart des hommes.

21 février 2020, 17h40, La Grave, Hautes-Alpes, vers 1700m.

Ps : Ils étaient six, sur l’image, les deux chevreuils de tête ont déjà plongé dans le vallon qui rendra le groupe invisible.

Message du 22 mars 2020, sixième jour de confinement. On se sent un peu inutile, soyons au moins disciplinés et des encouragements à tous ceux qui œuvrent pour le bien de tous. Gardons-nous bien.

De leur côté, les chevreuils doivent être tranquilles pour quelque temps...

 

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21 mars 2020

La faune doit faire la fête

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On le sait, chaque balade en montagne est cause de dérangement, lorsqu’on progresse sur un chemin, on avance dans une bulle au-devant de laquelle tout un petit monde s'enfuit, se cache, se tait et scrute l'intrus d'un œil souvent inquiet, parfois curieux. Une fois passé, l'activité reprend, prudemment..., si personne ne vient derrière.

Alors ces jours-ci, ce doit être la fête là-haut. A part quelques inconsistants, plus personne sur les chemins.

Plus personne pour signaler qu'il est déjà l'heure de rentrer dans le bois ou de plonger dans la face escarpée, les bêtes doivent pouvoir profiter plus longtemps des prés où l'herbe commence à reprendre. La neige fond à vue d'œil et les alpages reprennent un peu de couleur.

Certains chanceux voient ça depuis la vallée, à la longue vue. C'est déjà pas mal ! 

Samedi 21 mars 2020, 5eme jour de confinement, image du 6 octobre 2019, brouillard et éterle en Chartreuse (fort recadrage)

Soyez civiques et responsables, ne faites aucune activité à risque, même limité, n'allez pas en montagne, ça peut sauver des vies. Et si ça ne vous fait pas plaisir, pensez que la faune, elle, doit trouver ça rudement bien !  

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16 mars 2020

Crise et collemboles

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Cette fois, ça y est, la crise sanitaire est là et il va nous falloir limiter nos arrogantes ambitions humaines, pour quelques temps au moins. Ça va être compliqué pour tous mais peut-être salutaire pour l'humanité si on sait en tirer les leçons, qui sait ?

En attendant, oubliées nos aventures, limitées nos sorties, évitées toute prise de risque inutile, secours et hôpitaux ont d'autres choses à faire. Confinés, comme nos amis italiens que nous suivons de près. Si on ne le fait pas que pour nous, faisons-le de bon cœur pour les autres.

Alors après le télétravail, c'est l'occasion de voyager chez soi, dans les livres, dans les airs en redécouvrant les oiseaux qui nous entourent et chantent à tue-tête, les insectes qui s'animent chaque jour plus nombreux.

Encore plus vaste, c’est dans le sol que le monde des collemboles nous ouvre les portes de l’infini.

Ces deux Sminthurus viridis là, je les ai retrouvés sous le noisetier du jardin, comme lors de ma première rencontre avec le monde des collemboles. Cet endroit doit leur plaire car je ne les ai pas encore trouvés ailleurs. Enfin, ils sont si petits que je ne les ai peut-être simplement pas vus. La quête commence !

 

Dimanche 15 mars 2020, Seyssinet-Pariset, Isère.

Compliqué le sol du jardin, un vrai terrain d’aventure. On devine au centre de l'image un élément de fleur mâle de noisetier. Elle donne l'échelle de ces collemboles, pourtant parmi les plus gros de leur classe.

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12 mars 2020

La div'aria de Belledonne

20_03_11_DSC_3706_stitch2CAlors que dans les vallées court le virus redouté, la div'aria chère à Alpinus règne sur les sommets.

Sous l’air limpide de l’étage montagnard, la vallée du Bréda est sous les nuées. Enhardi par les rayons du soleil, un nuage optimiste tente petit à petit de remonter Combe Madame sous l'œil amusé des Arguille, Bec et Rocher.

Plus au nord, vers la gauche, le pic de la Grande Valloire, le rocher Gris et Puy Gris dominent le vallon de la Grande Valloire et son sympathique chapelet de lacs. Lacs de la folle, Blanc, Noir et Glacé, ne sont pas pressés. Ils resteront bien cachés sous la neige pour encore longtemps.

Journée splendide et températures excessives. La neige se gorge d'eau. Grives, casse-noix et bec-croisés donnent de la voix, ça sent le printemps ! Dans la vallée, ça se complique.

Mercredi 11 mars 2020, 11h10, Belledonne, Grand Rocher, 1926 m

Bec d’Arguille (2891m), Rocher (2885m), Pic de la Grande Valloire (2887m), Rocher Gris (2767m), Puy Gris (2908m)

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10 mars 2020

L’insoutenable légèreté de l’«hêtre»

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Petit clin d’œil dans le titre de ce message à un film qui m’avait particulièrement marqué dans ma désormais lointaine jeunesse (*), inspiré du livre de Milan Kundera que je n’ai hélas pas encore lu.

Rien à voir avec cette forêt de hêtres, pourtant c’est cette idée qui m’est venue en voyant ces êtres torturés sur la crête Nord du sommet de Beauregard.

Des mots que seule une consonne muette sépare, aux relations et aux formes ambigües, allez savoir … !

Cette forêt, c’est pour elle que l’on était montés. De belles futaies avec des troncs bien droits sur les flancs de la montagne, mais sur la crête, par endroits seulement, des troncs tordus, courbés, entremêlés. Souvenir du vent sans doute, qui devait, il y a bien longtemps, balayer une lande nue, aujourd’hui boisée.

Martyrisés ces jeunes hêtres, malnutris du fait de l'altitude et de la pauvreté du sol ? Peut-être.

Un endroit que j’aime bien. Peu de neige cette année, il faudra revenir.

Quand un épais manteau blanc tapisse le sous-bois, l’ambiance y est belle.

Dimanche 8 mars 2020, Montagne du Conest, vers 1450m

(*) L'Insoutenable Légèreté de l'être, 1988, film de Philip Kaufman avec Daniel Day-Lewis et Juliette Binoche notamment.

 

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09 mars 2020

Obiou au soir

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Le massif de l'Obiou sous les feux des derniers rayons de soleil de la journée, avant que les voiles d'altitude venus de l'ouest, annonciateurs de la perturbation à venir, ne masquent les dernières lueurs du couchant.

Au premier plan, Le Chatel (ou Bonnet de Calvin, 1937m) puis l'Aiguille (2038m) marquent l'extrémité septentrionale du Dévoluy.

Point culminant du massif, l'esthétique Grande Tête de l'Obiou, 2789 m, est soulignée par la fine arête du Rattier.

 

Dimanche 8 mars 2020, 17h33, depuis les pentes de Beauregard, vers 1550m, Conest

Pour en savoir plus sur ce beau sommet calcaire, voir ici la page de Géol-Alp sur le massif de l'Obiou.

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