Impressions du fond des bois

28 juin 2017

Le chamois, le papillon et Erri De Lucas

Manque de temps ce jour-là, pas le courage de se lever tôt, trop chaud, canicule, rendez-vous... Les nuages enveloppaient les sommets, chaleur humide, air nébuleux...

Sans trop y croire, toute petite balade au bord des nuages dans ce vallon sauvage fréquenté par les chamois en hiver. Savoir s'ils sont là aussi en été ?

Chance, je n'y trouverais que ce beau mâle solitaire passant d'une zone d'herbe à une autre dans la falaise striée, des marnes de Narbone. Entendu des pierres voler, bien avant de l'apercevoir.

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Je m'assoie un moment pour le regarder. Quelles cornes ! Il est fier, ne me jette pas un regard. Pourtant il sait bien que je suis là. Forcément.

Sur le bord du chemin, un papillon. Un beau Grand Nacré prend lui aussi son temps sur les chardons en fleurs. Gracieux, son décollage est une danse que notre œil ne sait pas voir. Léger, le chardon n'oscille même pas.

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Tiens, un papillon, un chamois. Un roi ?

C'est à croire qu'ils se sont donné le mot pour me faire relire un beau petit livre, lu il y a longtemps à la bibliothèque, finalement acheté il y a quelques mois à un bouquiniste des quais de Saône, à Lyon (trop bien ça!).

Erri De Lucas bien sûr!  Le poids du Papillon, l'histoire d'un vieux chamois, d'un vieux braconnier et ... d'un papillon (blanc celui-là).

"Il donna un coup de patte dans une pierre et l’envoya cogner loin au-dessus des éboulis escarpés. Le choc fit rouler une petite salve de cailloux. Au bout de la pente, l’homme se tourna pour la repérer plus haut, pour remonter à la bête qui l’avait déclenchée. Il regarda du mauvais côté. Dans l’ombre, le roi des chamois se moquait de lui depuis des années."

 Erri De Lucas, Le poids du papillon, ed. Gallimard, p18.

 

Samedi 24 juin 2017, Chartreuse, 1300 m, 10h env.

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19 juin 2017

Concert à la fraiche : soirée Pink Floyd à la Gélinotte

Quel plaisir de se retrouver en Belledonne, couvert d'une polaire après une trop chaude journée de ville. Samedi soir, c'était repas en terrasse (simplement excellent) puis concert au cœur de la forêt et sous les étoiles.

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Ça se passe comme ça à la Gélinotte.

Fallait bien cette belle ambiance pour que planent sur le lac de Freydières les airs psychédéliques des Pink-Floyd, repris, très très honorablement, par le groupe de passionnés grenoblois "Floyd Side".

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La magie était là, vraiment ; retour vers nos 20 ans.....! Bravo à tous.

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Belledonne, Freydières, La Gélinotte, samedi 17 juin 2017, concert "Floyd Side"

 

Bon aller, comme c'était trop bien,

rappel......Wish you where here...

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Un autre regard sympa sur le concert ici !

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15 juin 2017

Le tremplin fantôme, Pierre Dalloz et un rouge-queue

Il est des personnages impressionnants, qui ont eu mille vies et ont laissé des traces un peu partout. Pierre Dalloz est de ceux-là.

Ce petit rouge-queue n'en sait sans doute rien, mais il est posé sur le muret en béton de la tribune officiel du tremplin de 90m construit pour les épreuves de saut à ski des jeux olympiques de 1968, à Saint-Nizier du Moucherotte..

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Ce tremplin, c'est Pierre Dalloz qui l'a dessiné. Plus urbaniste qu'architecte, c'est un des seuls ouvrages qu'il a signé (avec deux autres spécialistes tout de même). La marque de son parcours professionnel, c'est plus dans la reconstruction de la France d'après-guerre qu'on la retrouve.

Outre l'histoire de l'urbanisme français, Pierre Dalloz a marqué l'histoire de l'alpinisme, de la photo de montagne, de la résistance, de la littérature et des arts : Nombreuses premières en montagne dont la première hivernale de la Meije, rédac-chef de la revue du CAF, initiateur du "plan montagnard" à l'origine du maquis du Vercors, ami de Jean Prévost et de Saint-Exupéry (qui lui écrit sa dernière lettre, à lire ici), mari de l'artiste Henriette Gröll... Qu'elle vie, quelles vies !

Donc, le tremplin de 90m de Saint-Nizier, dessiné par qui vous savez, est, à la veille aujourd’hui du 50e anniversaire des jeux olympiques de Grenoble, à l'abandon depuis au moins quatre décennies !

Trop cher à entretenir, trop peu utilisé. Le béton s'effrite (ça le rouge-queue le sait, c'est fragile sous ses petites pattes). Logique étant donné les rudes conditions auxquels il doit faire face. Construit en à peine 6 mois, entre juillet 1966 et fin janvier 1967, dans une combe qui ne voit pas le soleil en hiver, il a du mal à résister, année après année, à l'attaque de l'humidité et du gel. 

Grace à un article inespéré de Raphaël Meltz dans la revue Suisse "Versant", accessible sur le Web (ici, merci :)), on en apprend bien plus sur Dalloz et sur cet ouvrage : En extrait ci-dessous, un texte de Pierre Dalloz, dont R. Meltz ne donne malheureusement pas la référence :

"Nous avons tout d'abord choisi les matériaux majeurs : le béton et le bois, ainsi qu'un élément de construction, le voile de béton armé. Nous avons estimé qu'il n'était pas indifférent de rappeler par un tel choix les titres de la France dans l'invention de la technique de construction en béton armé ainsi que dans l'évolution de cette technique."

On note ici que P. Dalloz a travaillé durant près de dix ans, dans les années 1930, auprès d'Auguste Perret, un des maîtres du béton armé.

"La piste d'élan est supportée par un voile de béton axial, entre une tour de départ, à sa partie haute, et le tremplin. Nous avons estimé qu'il était préférable d'enfermer les moyens d'accès (escalier, ascenseur) dans la pure simplicité d'une tour. Ainsi avons-nous réduit au strict minimum les dessertes visibles des portes étagées d'où partiront les skieurs, selon le glissement de la neige."

Et en effet, ce n'est qu'en s'approchant que l'on réalise la forme de la structure, avec ce voile central. Ici le seuil d’envol.

17_06_10_DSC_4250_stitch2(La photo est déformée par le manque de recul (assemblage de 11 images), le seuil est droit)

L'ouvrage est aujourd'hui franchement dangereux et interdit d'accès.

Dalloz toujours :

"Le tremplin proprement dit, nous l'avons conçu comme un plongeoir, non comme l'habituelle caisse ornée des anneaux olympiques. Nous avons cherché à en faire une image de légèreté, d'envol."

Il faut dire que ce si le tremplin est bien visible de Grenoble (et ignoré des Grenoblois), de son sommet le regard plonge littéralement sur la ville et les sommets de Chartreuse et de Belledonne qui l'entourent (il faudra que je revienne avec une belle lumière du soir pour faire cette photo...).

Voir ici un site fantastique sur le tremplin et les JO, avec deux films de l'époque. Génial ! (*)

Enfin, R. Meltz site cette étonnante phrase de Pierre Dalloz, trouvée on ne sait où et datant de 1982 :

"Si ce tremplin devait être un jour abandonné, le mieux serait de reconstituer autour de lui la sapinière, pour qu'il apparaisse dans la forêt comme un fantôme".

Et bien visionnaire jusqu'au bout, ce vœu de Pierre Dalloz est en train de se réaliser. La forêt gagne petit à petit du terrain et mange l'édifice et ses annexes, pour le plus grand plaisir des chevreuils, nouveaux gardiens du vaisseau fantôme.

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Le sort de l'ouvrage n'est pas fixé, réhabilitation, reconversion, destruction...? Il est probable qu'on reparlera de lui lors des prochaines manifestations qui marqueront le 50e anniversaire des jeux,  l'hiver prochain.

Et si on laissait se réaliser le vœu de Pierre Dalloz, tout naturellement ?  

 

Vercors, Saint-Nizier du Moucherotte, samedi 10 juin 2017

Source : Pierre Dalloz (et moi), Raphaël Meltz , Versants : revue suisse des littératures romanes

(*) Attention, une petite erreur sur ce lien, la deuxième photo montre le tremplin d'Autrans en construction (saut de 45m) et non celui de St-Nizier.

 

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11 juin 2017

La marmotte et l'abeille

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Que peut bien penser une marmotte en regardant les insectes voler ? (*)

 

Chartreuse, dimanche 11 juin 2017, 8h40, 1750m

(*) Pas très sûr que ce soit une abeille. En altitude une foule d'insectes remplace les abeilles, qui se font plus rares, pour butiner les fleurs des alpages.

Ps: Après la fraicheur du petit matin, le soleil commence à chauffer. Pour les marmottes c'est bientôt l'heure de se mettre à l'abri pour la sieste en cette chaude journée du mois de juin. Après 9h on ne verra plus le moindre museau sortir des rochers.

 

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06 juin 2017

Les tritons alpestres du lac alpin

Donc, plus haut, il y avait un lac.

Et dans le lac toute une cohorte de tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris pour les uns, triturus alpestris pour les autres...?).

Pour qu'il y ait des tritons, point de poissons, ou du moins, point de truites. L'alevinage des lacs de montagne pour la pêche de loisir a, comme partout où l'homme s'en mêle, des effets secondaires (ça ne date pas d'hier puisque les premiers alevinages des lacs d'altitude de Belledonne datent du début du XXe siècle) . Les truites, qui aiment les œufs de tritons, remplacent bien vite les habitants naturels, comme le triton alpestre ou la grenouille rousse, bien adaptés au biotope.

Coup de chance, ce lac-là est épargné, et la nature garde encore le dessus.

Voici encore une dame triton, qui semble bien plus dans son élément dans ces eaux limpides que sur la neige. Les tritons ne vivent pourtant dans l'eau que trois mois  par an, le temps de se reproduire. Puis ils retournent à la vie terrestre pour vivre la nuit et passer la journée cachés sous une pierre ou au fond d'un crevasse, hors gèle. Seuls les jeunes de l'année passent un hiver dans le lac, sous la glace. Leur croissance étant plus lente qu'en plaine, ils ne sont pas suffisamment développés pour sortir de l'eau à la fin de l'été...  

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Chez les tritons, monsieur est plus petit que madame, mais bien plus joli ! Si tous deux ont le ventre orange vif, monsieur porte un costume coloré de bleu et décoré de motifs magnifiques. Ici, madame suivie de monsieur triton. Dimorphisme sexuel marqué dit-on ! 

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Si notre triton mange à terre des petits insectes, vers et autres collemboles faciles à attraper, une fois à l'eau, il peut s'attaquer, entre autre, à tout ce qui tombe à la surface. Le temps d'un casse-croute au bord du lac on aura assisté à une hécatombe, et au remake des "dents de la mare".

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Brrrr, fait pas bon amerrir en catastrophe par là ... Dure loi de la nature.

 

Belledonne, samedi 3 juin 2017, 1900m , 11h00-12h00

Sources:

 - La Hulotte n°89 :) :) :)

- La vie de la montagne, Bernard Fischesser, ed. La Martinière

- Belledonne, l'histoire d'une conquête, Raymond Joffre, ed. de Belledonne

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05 juin 2017

Le petit dragon des neiges

Notre petit dragon des alpes, le triton alpestre, nous le voyons en général en été au fond des lacs de nos montagnes. Plus rarement sur la neige.

Celui-ci (ou plutôt celle-ci, il s'agit d'une dame !) se « baladait » sur un névé qui tombait dans une mare de fonte, sans doute son lieu de naissance et peut-être de reproduction.

Une belle rencontre.

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Le triton alpestre est le seul urodèle qui vit des bords de mer jusqu'aux lacs d'altitudes. C'est cette spécificité qui lui vaut son nom.  En montagne, sa croissance est nettement plus lente qu'en plaine, en raison d'une alimentation plus pauvre dans les eaux glacées et les alpages (*).

Il se reproduit plus tardivement également, parfois après l'âge de 10 ans... Mais en contrepartie, il peut vivre 4 à 5 fois plus longtemps que ses cousins des plaines et dépasser l'âge de 20 ans... !

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Respect donc devant cette petite bête extraordinaire.

Que faisait-elle sur ce névé, ultravisible et exposée aux prédateurs ?  Sans doute était-elle en chasse, une foule de petits insectes vivent sur la neige, une aubaine sans doute. Certains petits malins ont compris qu'en se posant sur la bête, ils n’ont rien à craindre de sa petite langue gluante !

Un peu plus haut était un lac… A suivre...

Samedi 3 juin 2017, Belledonne, 1900 m 10h30.

(*) le triton passe trois mois dans les eaux glacées pour se reproduire, puis revient sur terre le reste de l'année. On ne le voit qu'au printemps et en été, durant sa période aquatique. Ensuite, il est de mœurs nocturne et se cache la journée au fond des pierriers.

 

Sources: La Hulotte n°89, à la réjouissante lecture. Abonnés vous, réabonnez-vous...

Merci C. qui en traversant ce névé a permis cette rencontre improbable.

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01 juin 2017

Cinq secondes soixante-dix centièmes de ride rupicaprin

5''70''' de ride pour cet éterle ou l'art et la manière de dévaler un couloir de neige en "s'éclatant grave". Et oui les jeunes, souvent, aiment les sports extrêmes. Visiblement, ces jeunes chamois prennent un plaisir fou à ce jeu-là. Une fois arrivé en bas du couloir, sa comparse, qui la suivait de loin, l'a rejoint et s'en est suivi une nouvelle poursuite vertigineuse, dans les barres rocheuses cette fois...

Montagne Rupicapra run2

A lire de gauche à droite et de haut en bas. On notera la figure free style du saut de rocher entre les images 4 à 7... Yeh!

Notre jeunesse n'a rien inventé, les chamois (Rupicapra rupicapra) font ça depuis toujours... Enfin, je crois!

Belledonne, vendredi 26 mai 2017. 2100m, 9h38'41''60''' -  47''30'''

Ps: oui je sais, un vieux qui essaye de parler "d'jeun", ça craint! Mais bon, c'est juste une fois... Aller...!

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30 mai 2017

Dansent sur les névés les éterles en robe d'été

En ces chaudes journées de la fin du mois de mai, les névés fondent bien vite. Encore quelques semaines pour en profiter doivent se dire ces deux jeunes chamois, des éterles je pense (jeunes femelles d'un an), dans leur nouvelle robe d'été.

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C'est bien connu, les chamois adorent faire des cabrioles sur la neige, peut-être pour profiter du tapis tendre et ludique qui s'offre à eux et les changent des rugueux pierriers de l'été ?

Mais ces petits farceurs attendent en général qu'on ait le dos tourné pour s'éclater sur les névés.

Tient, en voilà un qui fait le guet, là-haut, côté ubac... ?

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Mais ce sont nos deux éterles qui maintenant font la fête là-bas...  

Chacune leur tour, bonds, cabrages, pivots endiablés, glissades et chutes dans la neige… et puis là, les deux ensembles qui se mettent à danser…

Une chorégraphie spontanée sur les neiges, plus éternelles hélas…

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Seul spectateur, j'étais placé un peu loin de la scène, mais n'en ai pas perdu une miette ! Des moments rares, à savourer. 

 

Vendredi 26 mai, Belledonne 2100 m env., de 9h15 à 9h35

 Ps: désolé pour médiocre qualité des images (trop) recadrées, mais tant pis, qu'elle ambiance...

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28 mai 2017

(Petite) histoire d'une montagne

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"Si, dès mes premiers pas dans la montagne, j’avais éprouvé un sentiment de joie, c’est que j’étais entré dans la solitude et que des rochers, des forêts, tout un monde nouveau se dressait entre moi et le passé ; mais un beau jour, je compris qu’une nouvelle passion s’état glissée dans mon âme. J’aimais la montagne pour elle-même. J’aimais sa face calme et superbe éclairée par le soleil quand nous étions déjà dans l’ombre ; j’aimais ses fortes épaules chargées de glaces aux reflets d’azur, ses flancs où les pâturages alternent avec les forêts et les éboulis ; ses racines puissantes s’étalant au loin comme celles d’un arbre immense, et toutes séparées par des vallons avec leurs rivelets, leurs cascades , leurs lacs et leurs prairies ; j’aimais tout de la montagne, jusqu’à la mousse jaune ou verte qui croit sur le rocher, jusqu’à la pierre qui brille au milieu du gazon."

Histoire d’une Montagne, Elisée Reclus, Hetzel, 1880 (extrait p23, édition Infolio 2011, ou p5 sur Gallica).

 

 

C'est un des sommets de la chaine de Belledonne. Selon l'angle de vue, il offre un profil bien différent. Depuis Grenoble c'est une montagne toute en rondeur, comme le dos d'un animal couché. Depuis l'alpage situé à son pied, c'est une belle pyramide. L'idée qu'on se fait d'une montagne, relayée par Elisée Reclus : "Des plus hauts pâturages, on aperçoit la grande cime, dressée comme une pyramide aux gradins inégaux..." (p19 sur Gallica).

C'est l'image ci-dessus qui m'a rappelé ce livre, qui, avec le temps, s'était caché au fond de la bibliothèque.

Un endroit extraordinaire, une double montagne en fait. La montagne et son sommet, à un peu plus de 2500m d’altitude d'un côté, l'alpage, que l'on appelle ici "la montagne" de l'autre, habité l'été depuis bien longtemps, entre 1800 et 2000m d'altitude. Courageux d'estiver ici, pas de piste, on y monte à pied. Un étroit chemin, raide, seulement, que les éleveurs sont en train d'aménager petit à petit (une piste pour quad monte désormais à mi-pente). Pour nous, un endroit de rêve où l’on vient passer un bon moment, pour le berger et les éleveurs, un rude outil de travail. Bientôt, les cloches des bêtes raisonneront dans l'amphithéâtre des sommets alentours. Mais pour l'instant, c'est le chant des tétras-lyres qui domine à la sortie de la forêt. La période de parade est passée, mais les coqs chantent toujours. Aperçu depuis le chemin, celui-ci a adouci la rude montée, faite heureusement à "la fraiche".

17_05_26_DSC_3653rm2Un peu plus tard, les chants des coqs se tarissent, et quelques oiseaux passent en trombe et silencieusement en-dessous de moi. Ici une poule, avec son subtil plumage, bien plus discret et méconnu que celui du mâle. 

17_05_26_DSC_3660rm2Un autre chant se fait entendre çà et là, celui du merle à plastron. Celui-ci, sans doute curieux, est venu me voir. A bonne distance toutefois, ce qui me semble raisonnable de sa part. Nous étions à un peu plus de 2000m d'altitude, le soleil venait de passer la crête qui nous dominait.

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La température montant sous l’effet du soleil matinal, pipits spioncelles et alouettes lulu se sont ensuite chargés des cœurs...

Un matin ordinaire sur la montagne, une toute petit histoire, mais des instants magnifiques, d'autant que deux éterles ont ensuite bien voulues m'offrir un beau spectacle... A suivre...

 

Vendredi 26 mai 2017, Belledonne, entre 6h40 et 8h30

 

Ps: comme Elisée Reclus (la comparaison s'arrête là, hélas...), je ne nomme pas cette montagne qui peut être ici ou ailleurs, qu'importe. Quelques connaisseurs la reconnaîtront sans doute (c'est le jeu). Si vous voulez savoir, écrivez-moi :).

 

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27 mai 2017

La liberté de l'antilope des Alpes

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Apercevoir de loin un chamois, tranquille, sur une crête perdue au milieu des monts à pic et des névés.

Un grand bol de sérénité et de liberté.

Vendredi 26 mai 2017, Belledonne, 2100m, 8h40

 

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