Celui qui court sur un mur, c'est le nom grec qu'on lui aurait donné (du grec ancien teichos (τειχος) «muraille» et du suffixe drómos (δρόμος) «la course»). En plus on a cru bon d'ajouter "échelette" pour marquer l'esprit. Il faut dire qu'il passe sa vie dans les parois verticales notre tichodrome échelette. Sans cesse en mouvement, il explore la paroi à la recherche d'insectes avec une étonnante facilité. A le regarder faire, on en oublierait presque l'apesanteur.

16_04_09_DSC_7507rm2Je n'étais pas venu pour lui, mais comme d'habitude, dès que je croise une falaise, je me demande si, par hasard, un tichodrome ne pourrait pas habiter par là. J'ai donc sorti les jumelles et scruté les grandes parois de calcaire, de l'autre côté de la vallée. Point de vue idéal.

16_04_09_DSC_7605Après quelques minutes, pas un mouvement sur les belles dalles grises d'urgonien, il a bien fallu me résoudre (comme d'habitude) à continuer mon chemin.

Quelques dizaines de mètres plus loin, il est là devant moi sur une petite falaise qui borde le chemin... Un instant de surprise, puis de joie. Un cadeau de la nature, encore une fois. J'en avais besoin, le savait-il ?

Un cadeau à partager donc :  

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D'autant que ticho a été généreux. Même si il ne tenait pas en place, il est parti puis revenu trois fois sur ce bout de falaise, pas trop loin de moi (pas trop près non plus, photos bien recadrées tout de même).

16_04_09_DSC_7502rmL'occasion de l'observer chasser. Chacun de ces petits sauts que l'on pourrait croire sans but lui permet de scruter la paroi et chaque coup de bec, si rapides qu'on ne les perçoit que difficilement, lui permettent d'attraper une proie.

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Proies souvent minuscules, à peine visibles... c'est qu'il y en a de la vie sur ces rochers, sous chaque anfractuosité, dans chaque fissure est un mini-biotope. Sa gorge noire nous signale qu'il s'agit d'un mâle dans sa livrée nuptiale.

16_04_09_DSC_7594rm2Assez commun, mais vivant dans les falaises escarpées, le tichodrome passe souvent inaperçu. A peine plus gros qu'un moineau, il mesure de 15.5 à 17 cm, il est souvent invisible avec son dos gris, parfaitement adapté au rocher. Et si ces larges ailes sont d'un magnifique rouge et noir à points blancs, il faut bien un millième de seconde pour figer ses battements, quasiment invisibles à l'œil nu. 

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Son secret, se sont ses pattes puissantes aux longues griffes crochues, qui adhèrent à la moindre aspérité. Pour grimper, un petit coup d'aile et hop, avec un léger courant d'air ascendant, c'est sans efforts... Encore que, quand le rocher est mouillé, comme pour tout grimpeur, ça patine un peu et il faut donner un coup de collier...!

16_04_09_DSC_7540rmEvidemment, le jeu c'est de capter ses belles couleurs, mais la plus part du temps, l'oiseau papillon (voir le sympathique numéro 217 de la revue suisse, la Salamandre), c'est son dos gris et noir qu'il nous offre, est c'est tant mieux pour sa tranquillité.

Merci pour le cadeau qu'il m'a offert ce jour-là ...

 

Vercors, samedi 9 avril 2016, entre 8h30 et 9h00.

 Ici lien vers une première rencontre.