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Notre top « ten », ou un peu plus, des expos des rencontres 2016  :

Des expos photos à volonté, dans le "in", dans le "off", pour les amateurs d'images, d'histoires, de beau, de moins beau, il y en a pour tous les gouts. Nous on a aimé ce qui suit, mais pas seulement ! Mais il faut bien choisir, alors, par ordre de visite (et non par ordre de préférence, parce qu'on aime tout ça pour différentes raisons) :

Bernard Plossu à la salle Henri Comte. Expo "Western colors". Des images anciennes et une expo classique, mais toujours des tirages Fresson qui sont vraiment sympas.

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Eikō Hosoe et William Klein, au rez-de-chaussée de la chapelle du Méjean. Cette double exposition ("Pas de deux") montre la complicité entre les deux photographes qui, dans les années 60, ont photographié les créateurs du Buto, danse alors d'avant-garde au Japon, devenue depuis une des ambassadrices de l'art Japonais. Si on connait bien les photos de William Klein que l'on voit assez souvent, pour Kazuo Ohno, c'était pour nous une découverte, c'est superbe. 

16_07_09_DSC_0395_stitchm2Les maîtres du Buto dans les rues de Tokyo, vus par William Klein ci-dessus.

De très belles images de buto de Eikō Hosoe, mais pas seulement, comme ci-dessous des portraits et des photos "graphiques".

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Toujours à la chapelle, mais à l'étage cette fois : Hans Silvester et Danila Thachenko.

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Hans Sylvester a passé beaucoup de temps chez les Bench, peuples du sud de l'Ethiopie, qui décorent leurs maisons de terre comme personne. Des images impeccables, qui témoignent d'un mode de vie en train de disparaître, exposées dans un lieu magique. Expo "Les Bench"

Les concepteurs de l'exposition ont placé au centre des photos africaines de Silvester un pavillon blanc, comme un blockhaus cher à Danila Thachenko qui photographie les vestiges industriels et militaires des pays de l'Est, figés par le gel et la neige. "Restricted area".

16_07_09_DSC_0422Il fallait oser le grand écart entre les chaudes couleurs d'Afrique de l'Est et les lumières blafardes de l'hiver en Europe centrale. Le pari est réussi.

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Cette fois, c’est une pépite cachée au fond d'une cave Arlaise pour le temps de la semaine du off. Cette image/installation bluffante de Laurent Seroussi, un de ces grands photographes que l'on connait par leurs images, mais dont on ne connait pas le nom. On doit cela à YPF (Yakushima Photography Festival) une coopération franco-japonaise qui présentait rue du Docteur Fanton dix photographes japonais... et cette œuvre de Seroussi prise sur l’île de Yakushima (artiste invité par YPF): "Ray of Ligth, Masayo".

De face, on ne distingue que les yeux et l'amorce du visage de cette jeune fille. La photo a été prise dans ces conditions, avec une lumière proche du visage. La mise en scène avec l'ampoule restitue cette sensation, c'est très beau, très pur (je garde cette image de face pour moi… En enfin, elle est aussi là, sur le compte facebook de l'artiste).

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Après quelques minutes dans la pénombre, on distinguait la lumière de la Provence qui peinait à parvenir dans cette cave par un petit goulet d'aération dans un coin de la cave voutée. Une superbe mise en valeur de l'œuvre dans un lieu improbable et un artiste multifacettes qui me plait bien. A découvrir.

 

Encore une double exposition à l'espace Van Gogh.

La première mise en scène de façon très classique, avec les photos de rue de l'américain Sid Grossman (et de ses disciples) sagement alignées aux murs. Artiste oublié, écarté de la vie publique pour son activisme communiste et mort jeune. De belles photos de l'Amérique des années 30 à 40, souvent étonnement modernes.
Expo "Du document à la révélation, photographies et influences de Sid Grossman".

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La seconde on ne peut plus innovante, par l'espace, la lumière, la technique photo et la musique qui vous porte… Les photos de rues de Dublin d'Aemon Doyle.
Une volonté des organisateurs sans doute (?) de mettre cote à cote deux visions de la ville si différentes, chacune innovante à leur époque, et avec les moyens de leur époque.

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En tout cas, pénétrer dans l'antre de Aemon Doyle ne laisse pas indifférent et on est vite happé par la musique envoutante et les images qui vous sautent aux yeux (fixes pourtant), puis le sentiment de bien-être vous prend et fait que l'on passe du temps dans cette expo. Pour finir, il faut en sortir, un peu groggy !

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Un coup de cœur de ces trois jours ! Exposition "End". Mais comment fait-il ça?

 

A l'église des Trinitaines, c'est Charles Fréger qui a investi l'extraordinaire espace d'exposition de cet ancien lieu de culte, avec ses photos de figures masquées rituelles au Japon. Une étonnante quête et une chouette expo : "Yokainoshima".

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Le Sud-Africain William Kentridge, Parc des Ateliers, Atelier de la formation  : « More Sweetly Play the Dance ».Une expo de la fondation LUMA

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Encore une découverte étonnante, qui ne laisse pas indifférent, aussi un coup de cœur de notre séjour.

16_07_11_DSC_0951_PanoUn défilé mi-film, mi-dessin (animé), entre fête, danse macabre et procession, sur une musique envoutante, là aussi dans un cadre de friche industrielle qui joue un rôle dans l’ambiance de l’œuvre.

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Kentridge s’inspire de l’histoire de l’Afrique du Sud pour créer ses œuvres, ça se sent, mais chacun peut interpréter ce défilé comme il le sent. Un grand moment que l'on a fait durer, durer...

 

 

Zanele Muholi, Atelier de la Mécanique, « Systematically open »

Encore un coup de coeur cette expo "Somnyama Ngonyama" de la photographe Sud-Africaine (elle aussi). Des auto-portraits faits un peu partout dans le monde avec comme parure des objets improbables et la peau de Zanele noircie et brillante. Photographe militante qui défend les LGBTI  noirs (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes), son exposition d'autoportrait vise cette fois, si j’ai bien compris, à s'interroger sur le regard porté sur la femme africaine.

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Des photos magnifiques, une exposition très pure et un message pas si simple. A voir absolument et une artiste à suivre il me semble !

Un instant de grâce quand cette visiteuse s'est arrêtée devant le seul cadre en bois de ce mur de l'expo. Magique et sans trucage...

 

Joao Pina, Musée départemental Arles Antique.

On avait entendu une interview de Joao Pina sur son travail sur les disparus sud-américains durant l'opération Condor (1975) avant de venir à Arles. Sinistre période rendue dans cette exposition par la pénombre qui baigne ses photos. Tant et si bien qu'on vous donne une lampe de poche à l'entrée pour pouvoir lire les textes de description de l’image.

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Apparemment un petit loupé au départ ces textes illisibles, mais finalement une bonne idée. Ces lampes rajoutent un peu au dramatique des sujets de Joao, les victimes et leur famille, les bourreaux, les prisons...

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Bien sombre tout ça et encore d'actualité pour beaucoup là-bas!

 

Pour finir sur une note moins sinistre (encore que!), l'expo Hara Kiri, à la grande halle, parc des ateliers.

Le titre de l'expo est sur l'image. Image dont semble vouloir sortir le professeur Choron, qui suivrait bien cette jeune visiteuse (qui a bien choisie la couleur de sa robe pour la photo, merci (ndlr)) ...

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Même quand on n’est pas fan de l'esprit Hara Kiri et Charlie Hebdo, il faut bien dire que l'expo est bien déjantée et marrante. Le Prof Choron aurait sans doute râlé, manquerait plus qu'il trouve ça bien...!

 

En conclusion, beaucoup d'expositions extraordinaires (même si elles ne sont pas dans cette petite sélection), beaucoup de photographes extraordinaires, et Arles, une ville extraordinaire. Et ça dure jusqu’au 25 septembre !

 

Du samedi 9 au lundi 11 juillet 2016, Arles, 47e Rencontres de la photographie.

 

Pour voir la quasi-totalité des expos du "in", il faut bien trois jours (et même, on a pas tout vu...). Prix du "Pass": 37€.

A visiter également dans le "carré du Méjean", la librairie Acte-Sud et ses volumes improbables. Monter à la mezzanine où se trouve le rayon photo, en passant devant le hammam et le café... Et ne pas oublier d'aller voir l'expo de portraits des stars du rock de Renaud Monfourny, à la cave ! Pas ordinaire vraiment...

Rappel des messages précédents sur Arles 2016:

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