La photo n'est pas extraordinaire, mais la première rencontre avec un animal espéré depuis longtemps a toujours un gout particulier. Comme souvent, c'est alors qu'on ne s'y attendait pas que la loutre a pointé le bout de son museau, au milieu des algues ballotées par le ressac. Une minuscule flèche noire qui fend la surface, sans aller et venir comme le fait le kelp : Cadeau !

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Dans ces cas-là, qu'importe le vent, la pluie et les midges (ces petites mouches noires qui, par dizaines, vous déclarent leur flamme de leurs baisés cuisants dès que vous restez immobile). Le monde s'arrête de tourner quelques instants, comme en suspens. Finalement, ce sont trois loutres qui sortiront de l'eau dans cette petite crique. Des loutrons de l'année sans doute.

Une fois à terre, elles filent comme l'hermine, insaisissables. Apparaissant ici, puis là, l'espace d'un dixième de seconde. L'une d'elle viendra vers nous, passant à quelques mètres en contre-bas, entre les rochers. Observation fugace, mais quel plaisir.

Et puis plus rien, toutes à leurs affaires, les loutres ne se montrent plus. Où ont elles bien pu se faufiler dans ce labyrinthe de rocher ? Alors le paysage réapparait.

DSC_1656_Pano2Les rideaux de pluie sur la baie, le vent que l'on sent à nouveau, le pipit qui fait le pitre près des embruns, les eiders sur l'eau un peu plus loin, les multiples mini piqures qui démangent ici ou là... et la pluie qui a traversé depuis longtemps la veste; plus étanche du tout...  Il faut repartir, à regret.

Le troisième loutron, réapparait quelques secondes sur le chemin du retour, perché sur un rocher affleurant. Gâteau sur la cerise... du gâteau !

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Images très modestes, mais un beau moment.

Ecosse, île de Mull, baie de Calgary, le 3 août 2016.