En ce début d’automne, période de brame et d’abondance aux vergers, il est un village des Abruzzes où les habitants vivent avec (et de) les cerfs et les ours. Ce village étant situé au cœur d’une vallée étroite, en son milieu, coule une rivière. Une belle rivière peu profonde, large et lente.

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Que vous le croyez ou non, une poignée de minutes après avoir pris cette image à la nuit tombante, en pose longue et au retardateur, un ours traversait devant nous…

Neuf secondes, le temps du retardateur, le temps d’une traversée d’ours… il y a des jours comme ça ! On a donc juste regardé, un peu incrédules, le temps de réaliser !

On peut imaginez la scène, c’est presque plus fort ! De toute façon il faisait nuit, alors la photo aurait été mauvaise…

Reprenons. Donc, une harde de cerfs et quelques ours vivent dans cette vallée, et traversent la rivière régulièrement, à cette époque de l’année, pour aller des champs aux vergers et des vergers aux bois, ce qui donne à cette endroit une charme particulier (nonobstant quelques bouteilles plastiques flottants çà et là et par moment une foule de photographes plus ou moins au fait qu’ils se trouvent dans un endroit charmant !).

DSC_4110_01rmLe maître des lieux, c’est lui, un beau 14 cors, ici au petit matin, fatigué par une nuit de débauche, mais encore capable de pousser quelques raires profonds et sans ambiguïtés. Il s’est couché là, devant nous, à l’emplacement B16 du camping municipal (non c’est pas vrai, je crois pas qu’il y ait de numéros d’emplacements).

DSC_4467_stitch2Un peu partout, des biches. Bien pratique de vivre près d’une rivière,

DSC_4140_stitch_m3Un peu plus loin, des vasques permettent de prendre un bain. Biches et cerfs nagent très bien.

DSC_4435mTraversée en famille.

DSC_4454rmOu solitaire.

DSC_4359rm2Trafic important ou pas, ça ne perturbe pas les habitués du coin, Mr et Mme Cincle plongeur.

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Traversée de jour pour aller vers les vergers.

DSC_5471rm2ou bain de pattes à la tombée de la nuit, c'est au choix.

Quant à l’ours, Thierry (*) nous avait montré dans l’après-midi une contrée boueuse à souhait où il espérait trouver quelques traces. Grâce à notre pisteur émérite, nous nous glissions bien vite (au propre comme au figuré) dans les pas d’un bel ursidé adulte.

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Impressionnant tout de même ! Faute de voir l'animal, suivre ces traces est déjà passionnant. On s'en contenterait presque !

 

Retour au bord de la rivière ce soir-là :

Ainsi donc, après avoir traversé la rivière en 9 secondes exactement (voir plus haut), l’ours marsicain (**) a tranquillement traversé le champ adjacent, en dodelinant, comme lui seul sait le faire (il parait que s’est à cause de sa façon de marcher, « à l’amble »).

DSC_5494rmQuelques instants hors du temps, la nuit, nous et l’ours…(***)

Il ne nous a dédaigné qu’un regard désintéressé, ce qui tout compte fait faisait bien notre affaire.

La nuit a fini par tomber pour de bon, nous l’avons perdu de vue. Pour nous il était malheureusement temps de quitter les Abruzzes. Quel cadeau que cette apparition improbable, juste pour nous, le dernier soir avant notre départ. Hasard…? Peut être…

 

Parc National des Abbruzzes, du 18 au 23 septembre 2016

Avec Thierry, Christelle, Laurent, Didier, Morgan, Alain.

(*) Thierry Dacko, notre accompagnateur et organisateur de ce magnifique séjour,   Voir aussi, le brame du cerf et les chamois de Abruzzes

(**) L’ours brun marsicain, Ursus arctos marsicanus, est parent de l’ours brun alpin (présent dans le Trentin, en Italie). Il reste aujourd’hui une cinquantaine d’ours marsicain dans le parc national des Abruzzes  (rapport 2015 du parc national) et quelques autres dans les autres parcs de montagne de la région. Ce nombre n’évolue pas depuis des années, ce qui veut dire que les naissances compensent juste les décès. Si l'ours a eu des ennemis, beaucoup d'habitants des villages du parc l'ont adopté (voir ici). Comme le loup, l'ours attire les visiteurs. Ces prédateurs qui ont toujours été présents dans la région sauvent maintenant l'économie locale.  A lire un article de Libération, ancien mais intéressant ici.

(***) La photo est floue, mais rappelons que l’on était hors du temps (… et au 1/15e de seconde).