Comme une répétition générale avant l'arrivée de la neige, les alpages se couvrent désormais de givre chaque matin. Le moindre brin d'herbe s'habille de beaux cristaux et le paysage passe du vert au gris-bleu glacé. 

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Les habitués des lieux ont ressorti leurs poils d'hiver, givre ou pas, ils se livrent à leur occupation favorite, se nourrir... (On les comprend avec ce froid, ils doivent prendre des forces avant que la neige ne recouvre tout). Ce jour-là dans le vallon, les chamois partageaient leur coin d'alpage avec un beau mouflon solitaire. Enfin, partageaient... ça n'a duré qu'un temps parce que vu l'accueil, le mouflon a rapidement décidé de changer de versant. Pas toujours simple l'intégration, ici aussi...

La fin de nuit a dû être bien fraiche, même les poils blanchissent. Cette maman, insensible à la petite bise glaçante du matin, se soucie de sa progéniture qui s'amuse un peu plus loin.

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Les chamois ne boivent que très rarement, ils trouvent l'eau dont ils ont besoin dans les plantes et la rosée qu'ils absorbent (Ca tombe bien parce que dans un massif calcaire comme la Chartreuse, il n'y a pas d'eau en altitude, elle s'infiltre immédiatement dans le karst).

Le froid, en figeant la rosée nous la rend visible. Alors quand ce jeune éterlou mange ce qui reste d'une ombelle couverte de givre, peut-être est-ce pour lui une nourriture ordinaire et un moyen de se désaltérer?

Mais, en le regardant faire, je crois bien qu’il s’agit plutôt pour lui d’une friandise, qu'il attrape avec délice...

16_10_21_DSC_5652_01_rmLa gourmandise de l’éterlou.

 

Vendredi 21 octobre 2016, Chartreuse, 7h30, avant le lever du soleil.