« Alors là Auguste, c'est le bouquet ! »

C'est une exclamation que j'imagine bien Marie Dormoy lancer à Auguste Perret si, de là où ils sont, ils peuvent regarder le feu d'artifice du 14 juillet grenoblois. Depuis quelques années, c'est en effet du pied de la célèbre tour du parc Mistral qu'est fêtée la prise de la Bastille, notre Bastille dauphinoise étant désormais jugée trop risquée pour ce genre d'exercice pyrotechnique.

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La tour Perret a  donc été construite par Auguste Perret, architecte et entrepreneur, pour l'exposition internationale de la houille blanche et du tourisme de 1925. C'est Marie Dormoy, critique d'art et fervente admiratrice (voir le site d'Olivier Plat pour le côté romanesque), qui est à l'origine de la venue à Grenoble de l'architecte, puis quelques années plus tard de l'obtention par Perret du projet de tour d'observation des montagnes dauphinoises dans le cadre de l'exposition.

Un seul programme: "Aller haut" (1).

Première mondiale pour une tour en béton armé de cette hauteur, elle s'élève à 95m au-dessus du sol pour un diamètre de 9m seulement à sa base. Construite en une année et conçue pour la durée de l'exposition seulement, elle est aujourd'hui, 87 ans plus tard, mal en point, mais toujours debout. Un projet de rénovation est sur le point d'aboutir.

Auguste Perret est un des pionniers de la technique du béton armé. Durant sa longue carrière il aura construit un nombre impressionnant de bâtiments remarquables et formé et influencé bon nombre d'ingénieurs et d'architectes, comme Pierre Dalloz, urbaniste qui a travaillé auprès de lui quelques années (Perret pourrait donc être pour quelque chose dans la silhouette effilée du tremplin olympique de Saint-Nizier...).

Vingt-cinq ans plus tard, Perret et son équipe reconstruiront Le Havre, ville rasée par les bombardements de 1944. Après Grenoble, puis Amiens, une nouvelle tour en béton armé, un clocher cette fois, verra le jour. Un de ses chefs d'œuvre dit-on. A suivre...

 

Grenoble, 14 juillet 2017

(1) Exposition du musée dauphinois "Grenoble 1925 - La grande mutation"2015-2016

Voir aussi ici La houille blanche et Aristide Bergès