Passé un moment au milieu des chamois des bois ce matin.  Ces chamois-là ne montent pas en altitude, ils sont ici chez eux au cœur des forêts des pentes abruptes du Vercors.

Assis immobile et silencieux au bord d’un chemin caché, les bêtes se devinent plus que se montrent. Par endroit une odeur âpre, là le murmure de feuilles froissées, d’un caillou qui roule. Des ombres qui passent derrière les broussailles et les feuillus. L’humus en garde la mémoire. Là-haut à mi-falaise un spectre qui glisse. Entre deux branches, un jarret se laisse voir une fraction de seconde, presque sans bruit. Ai-je bien vu ? Etait-ce un chamois ? Mystère.

Sans-doute, peut-être, qu’importe… Forcément oui, un chamois. Un peu plus tard, il (ou ils ?) est  là, un peu plus loin derrière un ressaut, masqué par la forêt. J’entends sans voir. Un peu au-dessus aussi,  quelque chose bouge. Aller à leur rencontre, les faire fuir à coup sûr. Pas besoin. Ont voit aussi bien avec les oreilles et un peu d'imagination.

Et puis celle-ci (c’est une dame) vient à ma rencontre dans un léger bruissement de feuilles.

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Chance. Pouvoir partager ce moment avec elle.

Elle est partiellement masquée par les branches.  J’ose une photo, elle tourne la tête intriguée par le bruit. Une autre image, ce sera tout. Les chamois ont une mauvaise vue, resté totalement immobile et à bon vent, elle ne m’identifie pas, repart tranquillement, happée par les fourrés.

Comme d’habitude, le temps passe. Homme, il me faut partir, les laisser, redescendre dans la chaleur de la ville et retrouver notre folle course vers l’abime. Souvent, quand le rythme de la ville pèse, je pense à eux, là-haut, au fond des bois.

 

Samedi 29 juillet 2017, Barrière Est du Vercors, 10h18, 900m environ.