Nés tous deux de la calotte glaciaire qui a longtemps habillé et façonnée la montagne, deux lacs se blottissent comme deux frères sur le flanc Ouest du Taillefer. Des frères aux caractères bien différents. Le premier est connu de tous, fréquenté par les randonneurs et les pêcheurs, c'est souvent le but d'une ballade familiale (sportive quand même). Caché au creux d'un cirque glaciaire parfait, c'est le lac Brouffier (2115 m), dominé par les arêtes du même nom (2 414 m) et le célèbre Pas de la Mine. Son exutoire, une petite cascade qui donne naissance au ruisseau de Giliman (qui devient mystérieusement Guériment plus en aval !).

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Le second est plus discret et le plus souvent ignoré des randonneurs pour qui le graal est le sommet (ça leur passera...!). Point de ruisseau ou de cascade pour dévoiler sa présence, il se cache dans une combe au pied du Petit Taillefer et ses eaux s'infiltrent lentement par les éboulis et les fissures du socle rocheux. 

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Evidemment, c'est celui que je préfère... C'est le lac de la Courbe (2400m).

J'aime penser (?) que son nom lui vient de la belle ligne qui apparait quelque fois sur la crête de Brouffier vue depuis Grenoble les soirs d'automne ou les petits matins d'hiver...

La seule gardienne des lieux était ce jour-là dame marmotte, souveraine sur son vaisseau de pierres (du gneiss leptynitique) et son petit ilot de pelouse alpine perdue dans le chaos rocheux.

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Le ciel était lui tenu par un couple de faucons crécerelle, qui vaquaient à leur chasse quotidienne, partagé un instant avec un grand voilier de passage. Celui-ci ma surprit en surgissant à quelques mètres au-dessus d’une arête rocheuse.

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Depuis sa réintroduction réussie dans les Alpes, il est désormais rare de ne pas apercevoir un ou plusieurs vautours fauves au cours de nos balades, souvent hauts dans le ciel, parfois, les jours de chance, d'un peu plus près.

Massif du Taillefer, samedi 5 août 2017