Avouons-le, en partant pour ces quelques jours de nature au cœur de la Suède, nous avions le secret espoir de croiser des élans. Avec plus de deux mètres au garrot pour les mâles, c'est le plus grand cervidé de la planète et l'observer se déplacer dans la forêt sur ces longues pattes est une expérience extraordinaire. Mais la forêt est si vaste que chercher la bête, même imposante, c'est comme..., comment dit-on? Chercher une aiguille dans une forêt d'épicéa... Qu'importe, la taïga est belle et porte en elle tout l'imaginaire des terres du Nord que l'on a patiemment entretenu depuis l'enfance, de Jack London à Derzou Ouzala, en passant désormais par Rick Bass et Sylvain Tesson. 

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Pourtant ils sont là ces élans. Pour beaucoup de suédois, ce sont avant tout des dangers sur les routes. Beaucoup de collisions... Pour d'autres c'est un gibier recherché (beaucoup de casquettes orange croisées durant notre séjour...). C'est par ailleurs l'animal national !

Nous croiserons plusieurs fois leurs traces durant ces deux jours (comme ici dans un précédent message) ou ci-dessous:

A gauche, des crottes abandonnées sur une piste, à droite, une empreinte de sabot (pas loin de 19 cm. Imposant tout de même...!)

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Et puis comme souvent, c'est alors qu'on s'est résigné à rentrer car la nuit tombe pour de bon, que l'on a l'idée de prendre cette petite route que l'on ne connait pas encore. Juste comme ça, avant de rentrer pour notre dernier soir au gîte.

Et quelques centaines de mètres plus loin, alors que l'on se dit qu'on y voit plus grand chose en dehors des phares, trois grosses ombres attirent l'œil, un peu en retrait dans la forêt.

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Ils sont là. La rencontre rêvée, entre chien et loup.

Ce sont je pense trois jeunes mâles. Seul l'un d'entre eux porte de vrais cornes, peu développées. Un autre a juste deux pointes qui sortent à peine. Il fait trop sombre pour bien voir le troisième.

Tranquilles, ils sont occupés à brouter, allant de leur démarche incroyable de feuilles d'arbres, coupés par les bucherons, en buissons.

Dans les jumelles, qui prolongent un peu le jour, c'est fabuleux.

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L'élan européen a de grandes jambes claires qui tranchent avec la masse sombre du corps (L'orignal américain est entièrement sombre). Cela souligne encore plus leur ample démarche et leur aisance à enjamber les branches et troncs tombés au sol.

Nous sommes restés avec eux quelques minutes seulement, jusqu'à ce que l'on ne puisse plus les distinguer dans la nuit. Seuls les craquements des branches écrasées à leur passage trahissaient encore leur présence.

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Il y a des soirs comme ça où la nature a décidé de vous faire un cadeau.

 

Forêt aux abords de Ryssa, Dalécarlie, Suède. Le 13 octobre 2017, 18h05/18h15.