Alors que le soleil baissait sur l'horizon, seuls quelques passereaux animaient la montagne.

Petit à petit, le versant orienté vers l'ouest, apparemment désert, s'est enflammé  des chaudes couleurs du couchant. Longues minutes d’un bain de lumière d'or, étourdissant.

Puis le soleil a fini par basculer derrière les crêtes du Vercors, tout là-bas, au fond de la vallée. Changement de luminosité brutal, accompagné de l’habituel courant d'air violent, qui secoue le corps et l'âme... Le monde tourne au bleu.

Encore un moment et le ciel voit rouge, juste avant la nuit que l’on sent tomber sans coup férir.

Pas trace de vie dans ce beau vallon, il faut dire que la chasse est ouverte, la faune de la forêt et des alpages a plutôt intérêt à se faire discrète.

Il est temps de redescendre, on commence à ne plus voir les pierres du chemin, seulement faiblement teintées du rouge de la lumière du couchant.

C'est l'heure du réveil pour la faune sauvage. Entre chien et loup, ce que je pense être un buisson au bord du chemin trente mètres plus bas s'avère être un beau brocard. Dommage, nous nous sommes vu en même temps, ce qui se traduit pour le chevreuil par une silencieuse esquive.

Encore à mon étonnement, c'est l'ombre d'un rapace nocturne que je sens passer près de moi, il glisse, en silence lui aussi, en direction du chevreuil et disparait derrière des épicéas. Quelques pas de côté me permettent de le voir se poser sur la cime de l'un d'eux.

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Une seule image de dame hulotte (un peu recadrée comme souvent). Curieuse, elle me regarde un instant et repart bien vite.

Pour continuer, il me faut allumer la frontale, l’univers se réduit d'un coup à un cercle de lumière de deux mètres de diamètre. Il est temps de laisser tranquille le grand pan de montagne et son monde de la nuit.

Belledonne, le 25 octobre 2017, 1700m, 19h03