Croiser un lagopède est toujours un grand moment. Je ne sais pourquoi j'ai dirigé les jumelles vers ce rocher perdu parmi tant d'autres.

C'est le mâle que j'ai vu en premier. La femelle située à sa gauche je l'ai d'abord prise pour une roche.

Le chemin suivant l'arête passait à une vingtaine de mètre de leur coin de paradis. Un épicéa qui s'accroche là, on ne sait comment et un chaos rocheux offrant un bel abri.

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Après quelques temps à observer le mâle nettoyer ses plumes, nous avons continué tout doucement notre montée.

Nous trouvant sans doute, hélas, de bien piêtre compagnie, ils ont préféré passer de l'autre côté de l'arête, marchant sur leurs courtes pattes emplumées à un pas de sénateur.

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C’est le printemps, le mâle est en plumage nuptial, il arbore encore sa tenue blanche, mais sa tête et son cou sont marbrés de marron et de noir. Celui-ci et en pleine mue. On trouve d'ailleurs ici où là sur l'alpage de belles petites plumes blanches ornées de bourre... La doudoune immaculée du lagopède, son assurance vie pour l'hiver. On voit bien également à cette période ses caroncules rouges au-dessus des yeux.

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Un peu plus tard, une seconde femelle apparait sur une crête enneigée, un peu en dessous de nous. Si son ventre est encore blanc marbré, elle porte sur son dos sa livrée d'été qui lui permettra de passer totalement inaperçue dans quelque temps, quand la neige aura fondu. A cette altitude, il faudra attendre le mois de juillet pour les accouplements et la ponte. D'ici là, méfiance, rester sur la neige encore abondante l'expose dangereusement à la vue de ses prédateurs...

De bien belles rencontres ce jour-là.

Belledonne, samedi 5 mai 2018, vers 2150 m, 12h30 - 13h00 - lagopèdes alpins

(Images bien recadrées et malgré tout un peu lointaines...., tant mieux pour leur tranquillité)