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… A une centaine de mètre du côté nord de la route, se dressait une petite maison de pierre avec un toit de métal peint en vert vif. Une cabane de berger que les petits fermiers de la côte utilisaient comme refuge, en été, lorsqu’ils déplaçaient leurs bêtes vers l’intérieur des terres pour y trouver de meilleurs pâturages. On en croisait partout sur l’île. La plupart, à l’image de celle-ci, étaient à l’abandon depuis longtemps. Fin avait vu le toit en métal vert de la cabane située sur la lande de Barvas chaque lundi, lorsqu’il se rendait à la pension de Stornoway. Et de nouveau au retour, le vendredi. Il l’avait vu par tous les temps et bien souvent, comme aujourd’hui, illuminé depuis le sud par le soleil, se détachant, vif et coloré, sur le plus noir des ciels du Nord. C’était un repère connu de chaque homme, femme ou enfant vivant sur l’île. Pour Fin cependant, il avait une signification particulière, et le fait de le revoir fit ressurgir une douleur oubliée depuis longtemps, ou tout au moins enfouie dans un lieu sombre qu’il ne souhaitait surtout pas revisiter. Mais aussi longtemps qu’il séjournerait sur l’île, il savait qu’il ne pourrait échapper à certain souvenirs.

L’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May – Premier volume de la trilogie écossaise

Dans sa trilogie écossaise, Peter May nous attrape inexorablement et nous transporte avec Fin au cœur de l'île de Lewis et Harris. Une extension extraordinaire du voyage.

Ile de Lewis, ancienne route entre Stornoway et Callanish, 2 août 2018, 20h30