Vallon du Fontenil, à 2200 m d'altitude environ, au-dessus du Lauzet. Deux patous sympas (ça arrive) veillent avec leur berger sur les quatre-cent brebis du troupeau. Elles n'iront pas bien plus haut. A cette altitude, le vallon devient très minéral. Plus grand chose à manger. Les pentes herbeuses situées sous la pointe de l'Etendard sont déjà occupées par un groupe de chamois, une bonne trentaine, éparpillés çà et là.

18_08_25_DSC_7230rmA cet endroit, ce grand mélèze isolé se remarque. Le mélézin bien dense s'arrête vers 2000m, le début de la zone de combat. Au-delà, les rangs sont clairsemés, les mélèzes plus petits. Puis plus un arbre, jusqu'à celui-ci qui a vaillamment résisté aux difficiles conditions du vallon. L'étage des arbres isolés.

Encore un peu plus haut, un dernier bosquet et quelques racines mises à nu par l'érosion.

18_08_25_DSC_7195_stitch Ce n'est qu'en s'approchant et en regardant bien que l'on réalise qu'il s'agit également d'un mélèze. Un arbre rampant cette fois, qui s'accroche et s'adapte à des conditions trop défavorables pour lui. On est à environ 2300m, l'étage des arbres rabougris (*).

18_08_25_DSC_7181MCelui-ci ne nous dit pas son âge, mais il est peut-être très vieux (la croissance est très lente en altitude). Il a dû se battre contre le froid et le gel, le vent, la neige et les avalanches, la pauvreté du sol et la courte saison d'été, sans compter les dents des herbivores...

Tout de même, ces arbres pionniers sont des héros silencieux, que l'on ignore, hélas, bien trop souvent.

Samedi 26 août 2018, Vallon du Fontenil, Ecrins.

(*) La vie de la montagne, B. Fischesser, p138