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«Cette fois, cependant, il semblait bien que l’infaillible Altaïr, qui les guidait depuis si longtemps, ait commis une erreur. Ou, de manière plus vraisemblable, qu’il ait considéré cet inconvénient comme mineur, en l’absence de communauté humaine dans le secteur.
Rivka nota qu’au nombre des astéroïdes concernés s’en trouvait un – particulièrement massif -, constitué d’un mélange de fer et de nickel exceptionnellement purs selon les sondes. Vu ses dimensions- près d’un kilomètre dans sa plus grande longueur -, son exploitation lui vaudrait un sacré bonus. C’était… une véritable aubaine !
Hélas, l’objet de sa convoitise filait à grande vitesse vers l’extérieur de l’IG.
[…]
Elle se préparait à rentrer au bercail, frustrée, lorsque la rotation de l’astéroïde sur lui-même lui offrit un spectacle totalement inattendu.
[…]
Elle enfonça le manche vers l’avant et lança l’appareil à pleine vitesse, grisée, effrayée par son audace, rejetant aux oubliettes la voix de son ancien professeur. Le cœur au bord de la rupture, elle dirigea l’engin droit hors de l’IG.
Curieusement, lorsqu’elle franchit le seuil de leur cosme, elle le ressentit dans son corps.
[…]
Un sentiment d’abandon, si étrange et si nouveau.» 

Extraits de Légendes d’Agrégats – Etienne Cunge – Editions Critic - 08.2018

 

18h26, la nuit est tombée sur Belledonne.

Sirius, l’étoile la plus brillante de notre ciel, sort entre le Rocher et le Bec d’Arguille alors que l’épaisse couche de neige qui nappe le relief capte encore la lumière solaire.

Instants fugaces, un peu irréels.

A ce moment, seuls sur cette crête qui sombre dans l’obscurité et le silence, des passages de l’haletant et riche space-opéra d’Etienne Cunge, lu il y a quelques temps, me reviennent.

A la limite de l’équilibre, entre ivresse des grands espaces, prêts à nous avaler avec la nuit, et confort du monde des « Gravitons», qui se rappelle à nous par une multitude de lucioles clignotantes en fond de vallée, il est facile de ressentir l’appel du vide, l’envie de décrocher de « l’influence Gravitationnelle », l’IG.

Encore cette fois, la vallée a gagné. Nous avons repris le chemin de la descente, vers le monde des hommes et ses folies.

Il faut lire « Légendes d’Agrégats » et partir à l'aventure avec Ilam, jeune photographe Utopien. Un roman de science-fiction pas si éloigné de nous qu’il n’y parait et qui offre à réfléchir, pour longtemps. Merci Etienne !

 

Mardi 5 février 2019, 18h26, Belledonne, crêtes du Grand Rocher (point 1849 m)

Rocher d’Arguille, 2885m, Bec d’Arguille, 2891m.