19_02_05_DSC_3314rm2Invisible le lièvre variable, je ne l’ai encore jamais vu au gîte (il est nocturne et se cache le jour). Mais qu’importe, je sais que lui m’a bien souvent regardé passer, et ça c’est assez réjouissant…

Ce soir-là, ses traces de la nuit précédentes étaient bien visibles. Là où les chamois avaient creusé une large tranchée et où l’homme s’enfonçait sur 60 bons centimètres dans la poudreuse, lui ne laissait que ces quelques cupules avec ses pattes larges et poilues qui lui servent de « raquettes à neige ». Bon, en même temps il ne pèse qu’un peu plus de trois kilos tout mouillé, mais quand même.

Surprenant cette scène, pourquoi Lepus timidus est-il venu rendre visite à ce piquet qui balise les pistes de ski de fond du crêt (non damées ce jour-là) ?

Marquerait-il son territoire ? :

   -  D’après l’ONCF, « L’espèce ne montre jamais de comportement territorial »

Une de ses ruses pour tromper ses prédateurs ?

   -  Un peu simple non ?

Une colle lors d’une partie de cache-cache entre blanchons ?

   -  Euh..., non pas ça !

Alors après avoir cherché partout dans mes bouquins et sur le web, c’est finalement sur le site Disonoria que j’ai trouvé un article très complet sur l’éthologie des lièvres, dont ce passage :

« Les signes olfactifs jouent un grand rôle dans la communication des lagomorphes. Ils marquent leur territoire et pistent les femelles.

A cet effet, lièvres et lapins sont pourvus de glandes odoriférantes autour de l’anus. Le lièvre dispose d’autre part de glandes spéciales, dites « pigmentaires ».
Il s‘agit de deux gouttières étroites prolongeant les commissures de la bouche jusqu’aux joues.
Cet organe sert au marquage du territoire et parfume son propriétaire. Vous avez certainement déjà observé un lièvre qui se frotte les joues de ses pattes antérieures. Il active en fait la sécrétion odorante et en oint tout son corps.
Chaque individu possède sa propre odeur. »

Voilà, ce piquet bien visible, c’est sans doute une aubaine pour signaler à ses copains et copines de passage, non pas qu’ils sont sur son territoire, mais que lui est bel et bien dans le coin ? A confirmer si vous en savez plus !

 

Mardi 5 février 2019, 18h14, Belledonne, crêtes du Grand Rocher (Point 1849 m)

En fond, pointé par le piquet, les Pics des Grandes Lanches (2591m), à sa droite Le Grand Morétan (2775m), au centre, Pointe de Comberousse (2866m) et encore plus à droite, le Rocher d’Arguille (2885m). Voir un beau panorama renseigné ici, sur Alpimages !