De passage en Haute-Marne, une escale au festival de Montier s'imposait. Belle journée, belles rencontres et bien entendu des images superbes... Mais en fin d'après-midi, s'échapper bien vite des belles expos pour arriver un peu avant la tombée de la nuit sur les rives du lac de Der-Chantecoq.

Tient, nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée ! Nous sommes même bien nombreux...

Grand calme sur le lac quasiment vide. Le réservoir est prêt pour recevoir les eaux de l'hiver et protéger Paris des crues de la Marne. A bien regarder, il y a tout de même pas mal de monde sur les bancs de sables : mouettes rieuses, grande aigrettes, cormorans, vanneaux huppés, hérons et autres oiseaux grégaires impossibles à identifier de si loin (enfin pour moi).

Cependant, la plus part des observateurs tournent le dos au lac…Les ingrats...

Tous les regards sont tournés vers les champs. Les impatients s'impatientent, les frileux abandonnent,  la nuit tombe, les rangs s'éclaircissent. Tant mieux, le calme revient sur les berges.

Les grues cendrées, on les entend bien avant de les apercevoir, tout là-bas sur l'horizon. Quelques minuscules points aperçus, vite disparus, un mirage ?

Pourtant, le son se rapproche et puis ce petit nuage effiloché qui vient droit sur nous, change d'aspect, se transforme en un vague V... Les voilà enfin.

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C'est parti pour une bonne demi-heure de joyeux et sonores survols. Si le ciel est encore coloré à l’horizon, sur le lac, c’est la nuit.

D’abord deux ou trois oiseaux, puis plusieurs dizaines, elles arrivent par vagues, provenant d'un peu partout, en vol battu plus ou moins ordonné, puis en se laissant planer une fois la digue dépassée, pour aller se fondre dans la nuit sur un îlot du lac.

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Vols bruyant bien sûr, mais ces cris-là sont plaisants, on en redemande...

Une retardataire passe en solitaire, une patte pendante. La migration n'est pas sans risque, peu de chance pour elle de pouvoir suivre les autres et d'arriver à destination, encore moins de revenir au printemps prochain...

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Avec l'obscurité, le flot ailé se tarit, le silence revient, tout le monde est rentré au dortoir pour la nuit. Demain matin, au réveil, elles repartiront vers les champs alentours, leurs zones de gagnage, à moins que cette fois, elles ne décident de reprendre leur migration vers le Sud-Ouest, vers l'Afrique.

 

Samedi 16 novembre 2019, Lac du Der-Chantecoq, digue de Giffaumont, 16h50 - 17h40

 

Les grues cendrées qui traversent la France du Nord-Est en Sud-Ouest en automne et dans le sens inverse au printemps nichent durant l'été sur les rives de la Baltique ou en Scandinavie. Elles migrent à l'automne vers les contrées chaudes et font escale sur les grands réservoirs artificiels du sud de la  Champagne, comme le lac du Der créé en 1974 pour écrêter les crues de la Marne qui menacent la capitale. Certaines y restent désormais tout l'hiver, mais la plupart poursuivent leur migration jusqu'en Espagne ou en Afrique du Nord.